A retardement

Publié le par Jean-François LASCHET

Nouvelle histoire vraie qui était arrivée à mon père.
Fin 1944, des soldats Américains sont débarqués dans l'est de la Belgique.
Ils ont pour mission de se regrouper pour repousser les troupes Allemandes au delà de la frontière.
ce regroupement dure quelques jours durant lesquels ils demandent l'hospitalité chez la population Belge.
A l'époque, mon père a dix-huit ans et vit toujours chez ses parents dans le village de Limbourg (près de Verviers).
Mes grands-parents accueillent donc deux soldats américains.
Mon père, qui parle un peu l'anglais se lie d'amitié avec l'un d'entre eux, un certain Jim.
Lorsque les soldats vont rejoindre leur bataillon, mon père échange son adresse avec Jim (un peu plus âgé que lui).
Plus tard, la guerre se termine et mon père écrit une lettre à Jim.
Il ne reçoit jamais de réponse.

En 2000, Jim retrouve la lettre dans son grenier.
Et 56 ans plus tard (une vie !) il décide de répondre.
Bien sûr, mon grand-père est décédé et plus personne de la famille n'habite à cet endroit.
Pire, la numérotation a changé sur la place du village et l'adresse indiquée est à présent celle d'un restaurant.
Pourtant, Limbourg est situé à quelques kilomètres de la société où je travaille et celle-ci envoi parfois des clients dans ce restaurant qui loue aussi des chambres.
Intrigué par cette lettre des USA, le restaurateur se dit qu'elle est peut-être
destinée à un de nos clients.
Il téléphone alors à la secrétaire de direction pour voir si nous n'avons pas un certain Jean-Jacques L. dans notre clientèle.
Par chance, la secrétaire est également native de Limbourg et (bien que beaucoup plus jeune) elle connait mon père !
Elle prie alors le patron du restaurant de bien vouloir lui faire parvenir cette fameuse lettre.
Puis elle m'appelle et me la remet.
J'ai donc fait suivre la missive à mon paternel.

A la fois content et surpris, il décida de reprendre contact avec Jim et une correspondance s'en suivit ainsi que quelques mails.

Une amitié à retardement !

Publié dans J'écris pour vous

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